samedi 21 septembre 2013

25e Dimanche du temps ordinaire: le 22 septembre 2013










Mot d’accueil

Au seuil de l’automne, saison où nous sommes toujours un peu tristes de voir les arbres se dégarnir, préparons-nous à renouveler le «feuillage» de notre foi chrétienne. Comme la saison pointe vers de nouveaux jours remplis de beauté et de promesses, elle permet aussi d’entrevoir, dans l’ordre de la foi, un temps où brillera un soleil d’éternelle beauté. Cet avenir, nous sommes invités à bien le préparer en faisant un usage avisé de nos ressources humaines et de nos biens matériels.

Introduction à la liturgie de la Parole

La parole de Dieu insiste sur la nécessité de faire un bon usage des richesses. Il y va de notre avenir, car le Seigneur veut que toutes et tous, sans distinction, aient accès à la vérité et soient sauvés.


EVANGILE SELON SAN LUC CHAPITRE 16,Versets 1-13



1 Jésus dit encore aux disciples :
— “Quelqu’un de riche avait un intendant, et on vint lui rapporter que l’intendant dissipait ses biens. 2 Il l’appela et lui dit : ‘Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Donne-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux pas continuer de gérer mes biens.’
3 “L’intendant se dit en lui-même : ‘Que vais-je faire, si mon maître me retire la gestion ? Bêcher la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’en aurais honte. 4 Eh bien, je sais ce que je vais faire : il y aura des gens pour m’accueillir chez eux quand j’aurai été renvoyé de mon poste.’
5 “Il appelle donc un à un ceux qui doivent de l’argent à son maître. Il dit au premier : ‘Combien dois-tu à mon maître ?’ 6 Celui-ci répond : ‘100 barils d’huile.’ L’intendant lui dit : ‘Prends ton reçu, assieds-toi et écris vite : 50.’7 Il dit à un autre : ‘Et toi, combien dois-tu ?’ Celui-là répond : ‘100 mesures de blé.’ L’intendant lui dit : ‘Prends ton reçu et écris : 80.’
8 “Le maître ne put qu’admirer cet intendant malhonnête, car il avait agi en homme sage. Oui, les fils de ce monde tirent plus de profit de leurs semblables que ne font les enfants de lumière. 9 Et moi je vous dis : Faites-vous des amis avec ce maudit argent, et quand il viendra à vous manquer, eux vous accueilleront dans les demeures éternelles.
10 “Celui qui est digne de confiance dans de petites choses le sera pour de plus grandes ; celui qui est malhonnête pour de petites choses, le sera également pour de plus grandes. 11 Donc, si on ne peut compter sur vous pour ce maudit argent, qui vous confiera les vrais biens ? 12 Si on ne peut compter sur vous pour des choses extérieures, qui vous donnera ce qui est vraiment vôtre ?
13 “Un serviteur ne peut pas rester à servir deux maîtres ; ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il soignera le premier et se moquera de l’autre. Vous ne pouvez pas servir Dieu et le Dieu-Argent.”


RÉFLEXION

Un côté provocant

Le côté provoquant de cette parabole est en fait une accroche astucieuse: L'auditeur est poussé à réagir!


Des biens injustes

Nos biens sont injustes dans le sens que nous n'avons rien fait pour les mériter:
Pourquoi suis-je né ici plutôt qu'au Mali?
Parfois notre richesse viens d'un héritage un peu honteux:
  • enrichissement de l'Europe par le commerce triangulaire au XVIème siècle
  • de l'or volé aux juifs pendant la 2nde guerre mondiale,
  • Encore aujourd'hui, notre richesse est due à des échanges internationaux peu équitables:
Les africains reçoivent de quoi (à peine) subsister + nos déchets
en échange de leurs matières premières + une vie aisée (pour les occidentaux)
Ce sont les enfants qui voient le plus ce côté anormal, les grandes personnes sages et intelligentes trouvent ça dans l'ordre des choses...
Qu'ai-je fait pour mériter mes deux yeux quand d'autres sont aveugles?


En gérance
Nous ne sommes que gestionnaires de biens qui nous sont confiés
(cf. parabole des talents, paraboles des méchants vignerons) :
  • la vie
  • la santé
  • et surtout nos biens matériels
Cet argent peut-être utile si bien utilisé.


Les biens véritables

Ne sont pas visibles. Certains peuvent s'acquérir déjà maintenant: amour, joie, paix, patience, bonté, douceur, bienveillance, fidélité, maîtrise de soi ... (Cf. Galates 5.22)


En instance de licenciement

L'économe sait que ses jours sont comptés. Un jour nous quitterons ce monde, nus comme nous y sommes venus. Pensons nous à économiser pour l'au-delà? C'est ce que fait cet économe.
Rendre à Dieu ce qui lui appartient, le faire fructifier pour lui, c'est prendre une assurance vie-éternelle. Les pauvres de Dieu (à qui Jésus aime s'identifier) nous accueilleront dans la maison du Père.


Soyez imaginatifs!

Le Seigneur loue l'habileté de l'intendant et non sa malhonnêteté.
Pour arriver à ses fins un homme politique est prêt à promettre n'importe quoi, à orchestrer une campagne de diffamation, à trahir ses amis.
Le Christ donne en exemple cette ténacité, cette endurance, cette imagination qui fait parfois bien défaut aux enfants de lumière quand il s'agit d'annoncer l'évangile ou aider nos frères!
"Pourquoi ne vous donnez vous pas des moyens pour vivre en accord avec vos convictions?" semble-t-il nous reprocher.


Conclusion

Le message qui transparaît à la première lecture est étonnant: "soyez mafieux!"
En fait une seconde lecture apporte les éléments suivants: soyez imaginatifs dans la charité, ne vous attachez pas à vos biens terrestres mais utilisez les pour les pauvres.

Il y a aussi un reproche, pourquoi si peu de zèle, de ferveur chez les croyants pendant que les méchants, les ambitieux, et les avides se donnent tant de mal pour servir leurs intérêts?


Prolongement eucharistique

Seigneur Dieu,
ton option préférentielle pour les pauvres
a fait réagir les prophètes.
Tu refuses que les pauvres
soient exploités et piétinés.
C’est pourquoi tu nous invites
au respect et au partage.
Accorde-nous la grâce
de combattre toute injustice.
Tu nous confies de grands biens
et tu nous demandes
de les gérer de manière avisée;
accorde-nous cette grâce
et nous aurons un avenir d’éternité.
C’est dans la foi que nous te le demandons,
toi qui nous aimes et qui veux nous sauver.


Se préparer pour l’avenir


Puisque l’Évangile donne un sens à l’existence, les croyants sont

 invités à mettre en œuvre sans délai leur intelligence, leur

 habileté, leur astuce et leur débrouillardise en vue de s’assurer

 un avenir pour l’éternité.




http://www.info-bible.org/relais/econome.htm



http://www.prionseneglise.ca/dimanche.php


http://vieliturgique.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=80

lundi 15 juillet 2013

RÉFLEXIONS SUR LES HOMÉLIES AUX FUNÉRAILLES


par le père Robert D. Smith





            Un des problèmes que rencontre le prêtre dans la société séculière d’aujourd’hui, c’est l’homélie qu’il doit prononcer à l’occasion des funérailles.  L’Église catholique interdit les panégyriques à cette occasion et recommande aux prêtres une homélie sur l’espérance chrétienne.  (À la mort du Saint-Père lui-même, aucun Cardinal n’est censé se lever pour faire le panégyrique du Pape pendant la cérémonie religieuse.)  Une homélie sur l’espérance n’est pas un panégyrique déguisé au cours duquel le prêtre redit continuellement sa conviction que la personne décédée est à présent obligatoirement au Paradis.  C’est plutôt une homélie qui exprime l’idée chrétienne que nous devons tous subir un Jugement après la mort, en espérant qu’il nous sera favorable, et non, conformément à l’idée moderniste, que nous échappons tous au Jugement pour entrer directement au Ciel, ipso facto.

            Dans la société séculière et pharisaïque d’aujourd’hui, toute homélie est dangereuse qui ne canonise pas les défunts en répondant aux attentes les plus optimistes, et elle doit être prononcée avec le plus grand soin.  Un ami prêtre m’a récemment demandé de lui envoyer l’homélie que j’ai donnée à des funérailles.  La voici :

            L’Église catholique a pour les funérailles une règle qui peut paraître étrange et peu naturelle : il ne doit pas y avoir de panégyrique.  Nous pouvons nous en demander la raison.  Faire le panégyrique d’une personne décédée en rappelant toute une série de souvenirs élogieux est une agréable coutume.  Cela fait, semble-t-il, beaucoup de bien.  Mais l’Église a une raison sérieuse de l’interdire.  La coutume de faire un quelconque panégyrique aux funérailles nous conduit en pratique à une seule conclusion : il est certainement absurde de se donner la peine de prier pour l’âme de qui que ce soit.  La coutume du panégyrique nous dit que toutes les autres prières pour l’âme des défunts au cours d’une cérémonie funèbre sont en réalité une absurde perte de temps.  L’Église interdit les panégyriques parce qu’elle ne veut pas que nous en venions à cette conclusion, et que nous continuions à prier avec une réelle ferveur pour les défunts, le jour de la cérémonie et après.

            La question se pose donc de savoir pourquoi nous devrions prier pour une bonne personne.  La réponse est que plus la personne est bonne, plus nous devrions prier pour elle.  La raison en est que meilleure est la personne, plus sa conscience est vive et sensible, et plus elle ressent le besoin de réparation, d’une véritable expiation même pour ses péchés véniels.  Et cela, nous le voyons nous-mêmes, car nous avons tous rencontré (ce fut mon cas) des gens que nous savons être des saints, des personnes infiniment meilleures que nous ne le sommes, et qui nous disent, « Priez pour moi ».  On les regarde pour savoir si elles plaisantent ou non.  Loin de là. Pourquoi ?  Parce qu’elles sont suprêmement conscientes de leur propre besoin d’expiation aux yeux de Dieu.

            Prenons deux cas : l’un est un voleur qui commet des hold-up et l’autre est un saint dont les seuls péchés au cours deux dernières semaines ont été de s’exprimer sans avoir été parfait dans le choix de ses mots.  D’une manière générale, lequel des deux, selon vous, aura le plus grand désir de se repentir, de s’excuser, de faire réputation de quelque façon ? D’une manière générale, ce sera le saint, et de loin.  C’est lui qui ressentira le plus le besoin de pardon de la part de Dieu et de son prochain.  Son besoin d’expiation sera plus grand que celui du voleur de banque dont la conscience est souvent totalement morte.  C’est pourquoi l’Église et la bonne personne nous demandent toutes deux de ne pas perdre notre temps à concocter des panégyriques, mais de nous activer dans la prière.

            L’Église nous demande également à cette occasion de prendre le temps non pas de composer un panégyrique mais de méditer sur l’espérance, une espérance chrétienne.  L’espérance, l’espérance chrétienne véritable, est fondée sur la notion exacte d’un trésor, un trésor véritable.  Le monde nous présente toutes sortes de fausses idées de trésor : la santé, des polices d’assurance, une position sociale, la puissance ;  mais rien de cela n’est un trésor aux yeux de Dieu.  Le véritable trésor s’amasse par une existence de repentir et de foi, une vie consacrée à la poursuite de la sainteté de Dieu.

            Le monde persécute tous ceux qui s’efforcent de constituer leur trésor en Dieu.  Cela est vrai depuis le commencement.  Saint Paul enseigne : « Oui, tous ceux qui veulent vivre dans le Christ avec piété seront persécutés » (2 Timothée 3.12).  Et le Christ nous dit la même chose : « Le monde ne peut pas vous haïr ; mais moi, il me hait, parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises »  (Jean 7.7).

            On a tourné beaucoup de films sur la persécution des premiers chrétiens au temps de l’empereur païen Néron au premier siècle. Les chrétiens étaient enfermés dans des caves avant d’être livrés en pâture aux bêtes sauvages dans une arène. Ce que ces films, sans le savoir, ne montrent pas clairement, c’est pourquoi on persécutait les chrétiens et la raison pour laquelle ils servaient de boucs émissaires.  Ce n’était pas simplement à cause du nom qu’ils portaient. Il n’y a rien en soi dans le nom de chrétien ou dans celui de Christ qui soit capable de susciter une telle rage chez les païens.  Ce n’était même pas leur croyance en Dieu, en un seul Dieu. D’autres groupes de païens à Rome croyaient aussi en un dieu unique et n’étaient pas persécutés. 

            Ce qui provoquaient la haine des païens envers les chrétiens était leur soif de sainteté, leur désir de se conformer à la loi morale universelle de Dieu.  Les païens savaient que c’était cela être chrétien, et qu’eux-mêmes, les païens, refusaient de devenir chrétiens et de se repentir pour leurs péchés, ou leurs orgies. Mais ils savaient bien qu’ils avaient tort et que ce sont les chrétiens qui avaient raison.  À cause de cela, à cause de leur envie, une envie de sainteté, les païens pourchassaient tous les chrétiens qu’ils pouvaient trouver pour les faire mourir.  Ils leur faisaient subir la mort la plus avilissante possible.  Ils s’épuisaient à chercher de nouvelles manières humiliantes de mettre à mort les chrétiens.  Les films ne nous montrent habituellement que des chrétiens jetés en pâture aux lions parce que c’était la façon la plus gentille.  Les autres moyens employés pour tuer ces martyrs ne sont pas montrables.

            Il en a toujours été ainsi.  Ceux qui suivent la sainteté du Christ sont persécutés. Nous avons la chance dans notre pays d’avoir la liberté de religion.  On ne met pas à mort un grand nombre de chrétiens.  Les fondateurs de notre pays étaient eux-mêmes des hommes honorables et honnêtes et ils ont fondé un pays qui respectait l’honnêteté.

            Mais la persécution demeure sous d’autres formes. Les médias séculiers poursuivent non pas la tradition des fondateurs mais celle de ceux qui haïssent la sainteté. Ils nous persécutent sans nous mettre à mort.

            Un premier exemple : les médias séculiers nous font voir habituellement avec bienveillance, à l’époque de Noël, ceux qui se rendent à l’église, mais quand il s’agit de montrer des gens régulièrement religieux qui vont sans faute à la Messe tous les dimanches, les médias modifient leur présentation.  Les gens qui vont à la Messe tous les dimanches, qui observent le Troisième commandement, sont présentés en des termes peu flatteurs.  Les médias nous donnent régulièrement l’impression que ces gens ne sont pas terriblement brillants, ou que ce sont des gens à qui il manque quelque chose, des vaincus, des perdants qui vont à l’église demander à Dieu un meilleur travail ou des biens matériels quelconques.  C’est absolument faux.  Nous allons à l’église chaque dimanche pour remplir notre obligation de vénérer le Seigneur et d’apprendre à connaître Dieu et sa loi.

            Un deuxième moyen employé par les médias pour persécuter ceux qui ont soif de sainteté, c’est la façon habituelle de parler du mariage.  L’époux ou l’épouse qui demeurent toute leur vie absolument fidèles l’un à l’autre ne sont généralement pas présentés dans les médias sous un jour noble et honorable, mais comme une sorte de sous-humanité.  On donne l’impression qu’il manque quelque chose à cet époux ou à cette épouse.

            On pourrait donner bien d’autres exemples. La recherche du trésor, du trésor de Dieu – la sainteté et la foi – est cruciale en ce monde, et le monde s’efforce de rendre cette poursuite aussi difficile que possible.  Mais c’est alors, mieux encore peut-être qu’à tout autre moment, qu’apparaît le plus clairement la différence entre le trésor de Dieu et le trésor du monde, et que nous voyons le mieux à quel point est insensée la poursuite d’un trésor terrestre qui demande le sacrifice d’une part quelconque du trésor divin.  Renouvelons avec une ardeur toute spéciale notre engagement envers le fondement de l’espérance chrétienne par la continuation de la poursuite, une poursuite active de la sainteté, de l’observance de la loi de Dieu.


mercredi 26 juin 2013

Prendre au sérieux le baptême ou mettre la main à la charrue et regarder en arrière...

Évangile de dimanche le 30 juin 2013

13e Dimanche du Temps Ordinaire C



Notre vie est remplie des appels, grands et petits, que Dieu lance sur notre route quotidienne. Malheureusement, nous sommes parfois distraits et nous manquons de vigilance. Laissons le Seigneur nous réconforter par sa miséricorde.


"Les nouveaux parents le disent de plus en plus clairement. Quand l'enfant vient au monde, ils veulent un rituel où on va célébrer l'arrivée de cet enfant. Ils veulent célébrer la vie et fêter l'événement de l'enfant sans nécessairement faire référence à la foi, à la croyance et à la pratique religieuse.

L'Église fait une offre. Elle est d'accord pour accueillir les petits enfants, mais pas uniquement pour un événement ponctuel, pas nécessairement pour juste cette occasion, mais pour un rituel d'insertion, d'engagement et de continuité. L'Église veut inscrire l'enfant dans un processus de vie qui le mènera à adhérer à Jésus-Christ.

Quand l'Église baptise, elle s'attend à ce que les parents qui demandent le baptême soient prêts à investir dans la transmission des valeurs et des données de la foi chrétienne.

Avant de demander le baptême, il faudrait se poser les questions suivantes: est-ce que je crois assez en Jésus-Christ pour vouloir m'engager à Le présenter à mon enfant? Est-ce que je suis prêt comme parent à m'engager à fournir à mon enfant tout au long de sa croissance spirituelle des outils et des moyens de découvrir Dieu à la manière de Jésus? Est-ce que je suis fier de faire partie de l'Église catholique dans laquelle je demande l'insertion de mon enfant par le baptême? Voilà des questions fondamentales qu'il faudrait se poser afin que le baptême garde la grande valeur qu'il incarne."


L’Église au Québec se trouve aujourd’hui dans un état de grande fragilité. Bien des baptisés, pourtant motivés à vivre sincèrement leur foi, se trouvent désemparés. Les lieux où se retrouver se font rares. Et l’Institution semble souvent davantage occupée à «gérer la décroissance» qu’à ouvrir la porte à l’espérance.


 La foi est toujours réponse à l’appel de Dieu. À la suite du Christ, c’est toute notre vie qui devient une réponse aux appels qu’il nous lance.





lundi 3 juin 2013

Le 9 juin 2013: 10e Dimanche du temps ordinaire

Lc 7,11-17

C - 10e dimanche ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

“ Ne pleure pas...
Je te l’ordonne,
lève-toi. ”
                                                                      Saint Luc 7, 13-14

Résurrection du fils unique d’une veuve.

Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit: "Ne pleure pas." Il s’avança et toucha la civière; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit: "Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi." Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.

La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu: "Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple." Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.


Deux cortèges

Nous fêtions hier le Saint-Sacrement du Corps et du Sang
du Christ, avec le récit de la multiplication des pains.
Restons, pour commencer la semaine, dans une ambiance
de foule ! Deux cortèges imposants se rencontrent : la
foule suivant les disciples du Christ et celle entourant une
veuve qui vient de perdre son seul et unique fils. Le
cortège de la vie face à celui de la mort. Je contemple ce
face-à-face, en me demandant lequel des deux cortèges
j’ai envie de rejoindre. Ma liberté doit s’exercer : ai-je
déjà réalisé que ma vie témoigne du choix, plus ou moins

conscient, d’un des deux cortèges ?

Homélie

Se laisser toucher par la misère de l’autre pour lui redonner espoir.

1. L’expression courante "Je ne vis pas, j’existe" est pleine de souffrance, fait mal à entendre et traduit une détresse réelle, une existence sans vie.
Un tel désespoir rejoint bien des personnes aux prises avec la maladie, la mort, les épreuves, les handicaps, les problèmes des adolescents avec leurs parents, les difficultés des parents avec leurs jeunes, les conflits conjugaux.
La femme de la ville de Naïm vivait une crise: son fils unique était mort et elle était seule. Elle avait besoin d’un geste aujourd’hui; demain aurait peut-être été trop tard.

2. Jésus se laisse toucher par le chagrin de cette femme. Il choisit d’entrer dans sa vie, pas seulement en s’apitoyant sur son sort. Il lui remet dans les bras celui qui était au coeur de sa vie de mère. Elle, qui était plus morte dans son coeur que son fils, a retrouvé la vie, le goût à l’existence. À cause de la bonté de Jésus, elle retrouve aujourd’hui le sens de sa vie; demain, elle n’aurait fait qu’exister, la mort dans l’âme.
Selon Jésus, tous ont le droit au bonheur, les riches, les pauvres aussi; les bien portants et les malades également; les intelligents et aussi les ignorants; les débrouillards et les autres; les hommes et les femmes; les vieillards et les enfants. Tous ont le droit d’être heureux.
Il est venu pour donner une chance à chacun et à chacune.

3. Il est facile de parler de la misère des autres, de leurs difficultés, de leurs épreuves. Il est beaucoup plus profitable à tous de leur venir en aide, par notre compréhension, par notre service.
Donner une chance à quelqu’un qui n’a pas eu de chance dans la vie entre dans les sentiments de Jésus, dans sa volonté d’action, et dans son agir quotidien.
Il est admirable de voir des personnes handicapées qui vont au bout de leurs possibilités physiques, morales: un grand personnage québécois (et il n’est pas le seul), handicapé par accident, athlète en chaise roulante, a su demeurer très simple dans ses succès, conscient de ses capacités et de ses limites; ceux qui un jour l’ont encouragé à utiliser toutes ses possibilités, qui lui ont fait confiance dans les affaires, dans le sport, en ont vu les résultats plus que surprenants; cet homme a fait plus pour l’humanité que bien d’autres avec tous leurs membres.
On a vraiment besoin des autres quand on affronte des épreuves. On a besoin de Dieu. Dans l’épreuve, l ’espoir et l’espérance sont aussi nécessaires que le boire et le manger.

_________________________
Réflexions ( à partir de « De dimanche en dimanche » homélies dominicales, C, de Gilles Baril, 2012)



L'auteur parle des 4 veuves de l'Évangile: celle qui a mis deux piécettes dans le tronc du temple; Marie, mère de Jésus, au pied de la croix, qui est confiée
à l'ami Jean; Anne, veuve depuis 60 ans, qui rend service au temple; et celle de cet Évangile: une veuve à qui Jésus rend le fils. Il montre que la femme de cette époque, qui est veuve, est obligée de vivre par la charité publique et dépend de ses proches. Et même dans la première lecture, le prophète Élie ramène à la vie le fils d'une pauvre veuve. Elle atteste que le prophète est un homme de Dieu.
« Ces veuves n'auraient qu'exister sans aucune qualité de vie. Je crois qu'il y a encore plein de monde autour de nous qui ne font qu'exister parce qu'ils sont écrasés sous le poids de la solitude ou de l'épreuve, parce qu'ils mènent une vie routinière vide de sens et de défis, parce qu'ils n'espèrent rien de l'avenir.
Jésus nous invite à être porteurs de vie, soutien d'amour et occasion de résurrection intérieure pour eux... »

source:

http://paroissevalcourt.org





vendredi 26 avril 2013

Moi, je suis croyant, mais pas pratiquant !



A écouter les uns et les autres, c’est ainsi que se définissent la plupart des Français:
* ils sont catholiques par le baptême,
* croyants en grande majorité ,
* et pratiquants… de temps en temps (aux sépultures) ou pas du tout.
ESSAYONS D’Y VOIR PLUS CLAIR
Tu dis : “Moi, je suis croyant…”
* Tu crois que Dieu existe… tu veux dire “qu’il y a quelque chose au-dessus de nous”… Mais Dieu n’est pas une  “énergie” impersonnelle… Sais-tu en qui tu crois? Le connais-tu? Ou bien te contentes-tu de ce que tu as reçu autrefois?
* Tu pries un peu… pour demander…  mais si tu pries uniquement quand ça va mal… ton Dieu n’est-il pas un dieu “feux de détresse” ou “roue de secours”…?
* Tu as entendu parler de Jésus… T’arrive-t-il de lire l’Evangile, pour découvrir la Parole de Dieu… et ainsi de grandir, de te fortifier dans la foi?
* Tu te dis croyant, mais  tu n’en parles jamais avec d’autres… “ça ne regarde que moi”, “j’ai mes croyances”… C’est peut-être que tu ne sais pas comment le faire, ou quoi dire… Et tu dis : “Mais je ne suis pas pratiquant…”
* Tu veux dire que tu ne vas pas à la messe le dimanche… Tu penses que croire, c’est plus important que pratiquer… En tout cas que c’est le plus important…
* Ou bien tu penses que pratiquer sa religion, c’est être au service des autres…
« Quelqu’un lui demanda pour l’embarrasser:
‘Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi?’.
Jésus lui dit: ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur,
de toute ton âme et de tout ton esprit:
voilà le plus grand et le PREMIER commandement.
Le SECOND lui est semblable:
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
A ces DEUX commandements se rattache toute la Loi,
ainsi que les Prophètes ». (Mt 22,34-40).
AVEC JESUS,  ON NE PEUT SE CONTENTER DE LA MOITIE…
UN HÉRITAGE… ET UN ENGAGEMENT
La foi est-elle seulement un héritage?
* En France, beaucoup ont reçu leur “religion” comme un héritage de famille…  »J’ai été baptisé », « j’ai fait ma communion”…, je suis en règle… Est-ce la preuve que je suis croyant ?
* Aujourd’hui n’est plus comme hier… « Autrefois j’allais à l’Eglise, mais maintenant c’est fini… » “je mourrai comme je suis…”  »Et puis je n’ai plus le temps, le travail m’en empêche… » Dans les deux cas, ta croyance ne s’effrite-t-elle pas…?
* On est croyant d’abord parce qu’on cherche Dieu soi-même. On n’est pas croyant de père en fils… ! bien que la transmission familiale soit très importante… C’est à chacun de découvrir le coeur du Père…
Croire, c’est un engagement personnel.
* Croire, c’est donner sa confiance… Un peu comme ce non-voyant qui met la main sur l’épaule de quelqu’un d’autre pour avancer en se laissant guider…
* Croire, c’est entretenir cette confiance et cet amour… Un proverbe africain dit: “L’amitié, c’est une trace sur le sable; si tu n’y repasses pas tous les jours, elle s’efface”…
* Dans notre relation à Jésus, c’est la même chose. Alors, que vas-tu faire pour Le connaître et pour L’aimer…? Car on ne donne sa confiance  qu’à une personne qu’on connaît et qu’on aime…

PEUT-ON ÊTRE VRAIMENT CROYANT SI L’ON N’EST PAS PRATIQUANT ?
Pratiquer, c’est poser des actes de croyant…
* Par exemple:
  • prier chaque jour
  • écouter les paroles de Jésus
  • se faire proche de ceux qui sont dans le besoin
  • demander pardon quand on a blessé quelqu’un
  • dire merci au Père céleste pour tout ce qu’il nous donne
  • recevoir Jésus vivant dans la communion
* Mais dans ces actes de croyants, certains sont la “source”:
  • la prière
  • la méditation des paroles de Jésus
  • la communion à son Pain de Vie
  • la confession des péchés
et d’autres sont le “fleuve”:
  • la charité
  • le service
  • le pardon des offenses
  • l’amour des ennemis
Peut-il y avoir un fleuve qui n’ait pas de source? Peut-on être vraiment CROYANT si l’on n’est pas PRATIQUANT ?
METS-TOI EN MARCHE…
* Qui n’avance pas recule…
* N’aie pas honte de ta tiédeur… Jésus t’attend; il a dit: “Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs”…
* Trouve une occasion pour prendre ta place dans le peuple de Dieu… un pélerinage à l’extérieur, peut-être… une fête religieuse… un service à rendre à la paroisse…
* Va te confesser : “Jésus, Fils de Dieu, Sauveur, aie pitié de moi, pécheur”… Ensuite communie, et une immense joie envahira ton coeur, CAR C’EST PAR L’EGLISE QUE JESUS SE DONNE A TOI.
Une dernière question :
EST-ON VRAIMENT CROYANT SI L’ON NE CROIT PAS EN UNE VIE ÉTERNELLE APRÈS LA MORT ?
A-t-on déjà vu un fleuve qui n’aille pas se jeter dans la « mer «  ?
* Pratiquer, c’est accueillir l’amour de Jésus vivant dans ma vie. C’est découvrir qu’il m’aime, connaître sa Parole et lui faire confiance. C’est un chemin d’amitié à entretenir, sinon, il s’efface…
* Pratiquer, c’est accueillir aujourd’hui l’amour de Dieu dont je vivrai éternellement après la mort... C’est avoir la certitude que cet amour de Jésus va me faire vivre avec le Père au-delà de la mort.
Je prépare cette rencontre dans mes actes quotidiens… mes actes de croyant…
P. Dominique Auzenet, et une équipe.

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