Nouvelle couverture feuillet paroissiel

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jeudi 11 décembre 2014

Les fêtes de Noël en Colombie

Neuvaine devant la crèche : 

Toute la communauté chrétienne de notre paroisse de Ste-Madeleine et alentours est invitée du 16 au 24 décembre de 16h 30 à 17 h 15, dans notre église,  à se mettre sous le regard du Seigneur. Lui que les chrétiens fêtent à Noël comme celui qui est lumière pour leur vie. Prenons le temps de nous préparer pour ce grand avènement,  en priant joyeusement la neuvaine en français et avec des chants de Noël en espagnol … Bienvenue à tous!
« Que notre cœur soit la crèche où viendra Jésus »

On fera la neuvaine de Noël une belle tradition colombienne. Lisez et informez-vous plus au respect: 
En bas "Novena de Aguinaldos" 

NOËL

NOCHE DE LAS VELITAS
En Colombie, les fêtes de Noël commencent le soir du 7 décembre, avec "La noche de las velitas" (La nuit des petites bougies). Ce soir a lieu  "El alumbrado" (l'illumination) dans tous les quartiers de toutes les villes et villages du pays.  Tout le monde y participe : la mairie illumine les bâtiments qui lui appartiennent, ainsi que les principaux axes et lieux publics de la ville. Les habitants font de même pour décorer leur maison, tout d'abord, des guirlandes lumineuses sur les façades, quelques jours avant, ensuite le soir de "El alumbrado, de bougies (dans des photophores ou des étuis en tissu variés et colorés), ainsi que des lampions. Certains personnes  descendent dans les rues cette nuit-là et parcourent, en voiture ou à pied, les quartiers pour admirer ce qu'on peut considérer comme un spectacle d'une grande féerie. On allume une bougie pour soi, et une bougie pour ceux qu’on aime et qui ne sont pas là afin de s’apporter bonne fortune. C'est une tradition très sympathique parce qu'en général, les gens, cette nuit-là, ouvrent les portes de leur maison et s'invitent entre voisins pour partager une coupe de vin et quelques gâteaux. On a aussi comme tradition de faire cette nuit-là le sapin de Noël.
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NOVENA DE AGUINALDOS
Entre le 16 et le 24 décembre on fait "la novena de aguinaldos" (neuvaine de la nativité). Pendant ces neuf jours, on se réunit, traditionnellement, en famille ou entre amis, au tour d'un "pesebre" ( la crèche) et ce sont les enfants qui lisent les prières. En principe, cette neuvaine est un événement religieux, mais aussi social parce que c'est une occasion de renforcer les liens familiaux. Une fois fini la prière, on entonne des "villancicos" (chants de bergers).   C'est aussi l'époque des "Aguinaldos" : des jeux amusants où l'on pari des cadeaux. Certains jeux ont disparu avec le temps, mais on conserve encore ; ni OUI ni NON (On joue à deux, et le jeu dure, généralement du 16 au 24 décembre. Les joueurs ne doivent pas, pour affirmer dire OUI, ou pour nier dire NON, ils doivent utiliser des synonymes, le cas échéant ils perdront et devront donner un cadeau au vainqueur). Dar y no recibir (Donner et ne pas recevoir): On peut le jouer pendant une période déterminée (une demie journée, un jour, deux jours, cinq heures, etc). Tout au long de la durée du jeu, les joueurs ne doivent pas accepter rien provenant des mains d'un autre joueur, si un d'entre eux accepte, par exemple un gâteau, une boisson, etc, celui qui l'a offert dit "Mis aguinaldos", et celui qui a reçu devra donner un cadeau. Hablar y no responder (Parler et ne pas répondre), le principe du jeu c'est le même que pour le précédent, mais cette fois il s'agit de ne pas répondre. Pajita en boca (petite paille à la bouche). Tres pies (Trois pieds).
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Dernièrement, après la prière, il y a certains qui finissent chaque journée avec une petite fête, qui se prolonge au four et à mesure que la neuvaine approche de sa fin, pour fêter longuement la naissance de Jésus, le 24 décembre à minuit.                 Dans les églises, on reconstitue des scènes de la Nativité, à partir des statues existantes. On revêt la statue d'un saint d'une tunique et d'un voile colorés et d'un chapeau de paille de la région. On laisse ce chapeau pendant neuf jours et le 24 décembre on le remplace par un diadème, une auréole ou une couronne.
Dans certaines provinces, dans les grandes villes ou dans certains quartiers, on improvise des crèches vivantes avec des enfants. L'un d'entre eux, avec une fausse barbe, représente Joseph. Une petite fille joue le rôle de Marie. Les autres enfants se déguisent en bergers, anges, Rois mages ou diablotins.
NAVIDAD
Le soir du 24 décembre, en Colombie, comme dans la plus part des pays du monde, pour réveillonner on fait un repas, le fameux repas de Noël. C'est un moment de partage et de réunion en famille. Après le repas, certains personnes assistent à la messe de minuit, sous les lumières des feux d'artifices, qui envahissent le ciel. Au retour ils ouvrent les cadeaux, apportés par le "Niño Dios" (l'Enfant Jésus), et qui sont sous le sapin, ou dans la plus part des cas, sous l'oreiller du lit des enfants.
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LOS SANTOS INOCENTES (LES SAINTS INNOCENTS)
Le 28 décembre en Colombie c’est comme le 1 avril en France. Il n'y a pas de poisson mais plein de blagues; lire les journaux ce jour-là peut devient un vrai plaisir: les paramilitaires pleurent et demandent pardon; le Maire de la ville est arrivé à résoudre les problèmes des transports, etc. Tout le monde se fait des farces, et au lieu de dire "poisson d'avril", lorsque quelqu'un se fait piéger, on dit "Pasela por inocentes".
AÑO VIEJO, NOCHE DE SAN SILVESTRE (La Saint Sylvestre)
Ce jour-là, on réveillonne aussi au tour d'un repas en famille. Pour ce repas, on mange des plats traditionnels comme "La lechona", "El tamal", "Muchaco relleno", et différentes viandes de charcuterie. En effet, avant que l'horloge marque 0h00, les colombiens commencent la célébration annonçant l'arrivée d'une nouvelle année, en  dansant sur des musiques et des rythmes traditionnels. Il ne peut pas manquer les différentes sortes de liqueurs selon la région. On a le vin pour boire à la santé, la bière, el aguardiente (l'eau de vie de cane à sucre), le rhum.
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A minuit, tout d’abord, les membres qui font partie de la famille montrent leurs sentiments affectueusement, en prenant dans leurs bras leurs parents, enfants, grands-parents, voisins… et en faisant un véritable gaspillage de bises.
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Il y a certaines superstitions typiques, à savoir :

· Les douze raisins : on mange douze grains de raisins au rythme des douze coups de cloche, en faisant un vœu pour chaque mois de l’année à venir.

· La valise : en faisant un tour autour du quartier, des maisons, on espère voyager pendant la nouvelle année.

· De l’argent dans les poches : pour qu’il ne manque pas la prospérité.

· Culotte jaune : ce jour, il faut mettre une culotte jaune car la culotte jaune est symbole de la richesse et porteuse de bonne chance.

· Tenir des épis de blé : si vous voulez réussir et avoir de l’abondance pendant toute l’année.
· Des essences et des aromatisants : afin d’attirer de bonnes énergies.
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À minuit, on brûle aussi les "Año Viejo" (pantin ou de bonhomme fait des vêtements que l’on n’utilise plus. Celui a une forme d’un homme vieux et est rempli de sciure ou de paille et toujours de poudre, pour qu’il se brûle et fasse un spectacle. Ils sont sensés représenter tout le mauvais de l’année écoulée. On pense aussi à la mauvaise fortune, aux promesses non tenues, aux remords, etc... Purification en quelque sorte; on brûle, avec ces "años viejos", toutes les mauvaises pensées et des choses qui ont ennuyées nos vies.
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jeudi 27 novembre 2014

Vers le dimanche 30 novembre 2014 : premier dimanche de l'Avent B

Première lecture : Isaïe 63,16...64,7
Psaume 79
Deuxième lecture 1 Corinthiens 1,3-9 

Evangile: Marc 13,33-37

Dieu seul connaît le moment de la fin

32« Cependant personne ne sait quand viendra ce jour ou cette heure, pas même les anges dans les cieux, ni même le Fils ; le Père seul le sait. 33Attention ! Ne vous endormez pas, car vous ne savez pas quand le moment viendra. 34Ce sera comme lorsqu'un homme part en voyage : il quitte sa maison et en laisse le soin à ses serviteurs, il donne à chacun un travail particulier à faire et il ordonne au gardien de la porte de rester éveillé. 35 Restez donc éveillés, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra : ce sera peut-être le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin. 36S'il revient tout à coup, il ne faut pas qu'il vous trouve endormis. 37Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Restez éveillés ! » 

Parole du Seigneur

Veillez et espérez


Le Christ reviendra achever l’œuvre de son salut. D’ici là, 

nous sommes invités à nous rappeler sa bienveillance 

envers nous. Même s’il semble tarder, il faut veiller et 

être prêts pour son retour.






Pour aller plus loin
Détails

-Deux ordinateurs, l’un est en veille, l’autre est éteint.

-A droite, la main de Dieu. Elle effleure à peine la souris, et un lapin surgit, prêt (peut-être avons-nous remarqué que l’ordinateur qui s’allume est celui dont l’écran est tourné vers Dieu ?)

-Le lapin sort du cadre de l’ordinateur. Le cadre, c’est l’habituel, le prévu, le normal. En sortant du cadre, il est prêt à la nouveauté de Dieu.

-Il est au « garde à vous », prêt à écouter (ses oreilles sont dressées) et à suivre Dieu.

Questions

-La différence entre un ordinateur éteint et un ordinateur en veille, c’est le temps de démarrage. Celui qui est éteint, il faut qu’il chauffe, qu’il s’initialise, qu’il exécute les programmes. Celui qui est « en veille » est « prêt ». Il faut juste un petit quelque chose pour l’éveiller.

-Le dessin ne veut pas signifier que Dieu nous manipule comme on manipule un ordinateur à partir d’une souris. Il veut signifier qu’il nous faut être en état de veille pour pouvoir accueillir les délicatesses de Dieu qui vont effleurer notre quotidien et ainsi pouvoir les reconnaître. Le chrétien qui va à la messe le dimanche et qui met sa foi au placard le reste de la semaine, ne ressemblerait-il pas à un ordinateur éteint ?

-Est-ce que je souhaite me préparer à la venue du Christ à Noël, ou est-ce que je vais vivre ma petite vie sans me poser de question et arriver le 24 décembre en disant « Tiens, déjà Noël ? ».

-Comment vais-je essayer de rester en veille particulièrement durant ces quatre semaines ?


Homélie
On attend la Venue de Jésus, comme l’attente d’un enfant.
1. Les parents se préparent à la venue de leur premier enfant, avec hâte et joie. La future mère fait des exercices prénataux, s’occupe de ‘ramasser’ un trousseau; le père s’imagine en train de jouer avec l’enfant et planifie déjà son avenir.
Une certaine crainte effleure les futurs parents: leur enfant sera-t-il en bonne santé? Ils répondent rapidement à cette question, par l’enthousiasme qui les emporte.
L’attente est aussi essentielle à la vie que l’air pour les poumons. Plus on aime quelqu’un, plus on est prêt à l’attendre.
2. Nous nous préparons à la fête de la venue de Jésus, dans le passé, et surtout dans le présent, en nous.
Ceux qui ont tout n’attendent plus rien. Si j’ai un coeur ouvert, j’attends tout de Dieu, comme Marie, mère de Jésus.
3. Comment se préparer?
Par des achats? Des décorations? Le travail? Les loisirs? La prière? L’attention au prochain?
On peut changer le monde, tranquillement, en commençant à le libérer, en faisant simplement son quotidien.
Bien faire son travail, ses activités, tenir compte des autres, pas seulement de sa famille, de sa parenté.
Tenir solidement à sa foi jusqu’au bout: c’est Dieu qui nous fera tenir, lui le Dieu fidèle, le Dieu qui vient à la rencontre de celui qui a confiance en Lui.
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Tu aimes le monde et nous vivons dans l'espérance
 « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrase l'univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre... Dieu est le fondement de l'espérance... mais le Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu'au bout - chacun individuellement et l'humanité tout entière.... Son règne est présent là où il est aimé et où son amour nous atteint... » (Spe Salvi, 30, lettre encyclique de Benoît XVI)
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Histoire (extraite de « Paraboles d'un curé de campagne » de Pierre Trevet tome I)
31. Je crois Dieu
Un prêtre avait de grandes responsabilités diocésaines. Dans la prière, il comprit que le Seigneur l'invitait à laisser tomber toutes ces organisations, réunions ou colloques pour se mettre au service des jeunes délinquants en prison. À sa grande surprise, il fut assez vite témoin d'un mouvement de conversion dans ce milieu tellement défavorisé. Un jour, dans la chapelle de la prison dont il est l'aumônier, il baptise un jeune Farid qui a pris comme prénom de baptême Jean. Arrive le moment crucial:« Farid-Jean, crois-tu en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre? Farid est d'origine musulmane. Pour un musulman, Dieu n'est pas père; mais qu'il soit tout-puissant et créateur, cela ne fait aucun doute. Farid répond: « Oui. »« Farid-Jean, crois-tu en Jésus-Christ, son Fils unique conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie, etc.? » Pour les musulmans, Jésus est un prophète qui est né de la Vierge Marie, sans l'intervention d'un homme. C'est le seul mystère chrétien qui ait été repris par et dans le Coran. Mais (selon le Coran) Jésus n'est pas mort sur la croix. Il a été élevé au Ciel avant qu'un autre soit crucifié à sa place. Et surtout, il n'est pas Dieu le Fils. Mais Farid est converti... Pourtant il répond au prêtre: « Non.- Comment, dit l'aumônier, ça fait quatre ans que tu réclames le baptême, des mois que nous préparons cette célébration, tu ne pouvais pas le dire avant? »Et Farid-Jean lui fait alors un sourire malicieux: « Père, je ne crois pas, j'en suis sûr. » Le prêtre dit que ce jour-là, en une minute, il a vieilli d'un an, mais qu'en même temps, cette astuce a dissipé tous ses doutes sur la sincérité de ce jeune homme. Il avait parfaitement compris ce que veut dire croire en Dieu. Le chrétien n'est pas celui qui croit simplement qu'il y a un Dieu, mais il croit ce que Dieu déclare, il croit Dieu (la Parole de Dieu contenue dans le Nouveau Testament et transmise par ses témoins en Église). Comme nous croyons notre mère même lorsqu'elle nous révèle des faits de notre enfance qu'il nous est impossible de vérifier. Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper.
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Histoire (extraite de « Paraboles d'un curé de campagne » de Pierre Trevet, tome II)
36. Dieu peut-il juger?

« À la fin des temps, des milliards d'humains furent conduits dans une immense plaine devant le trône de Dieu. Beaucoup prenaient leurs distances et reculaient éblouis par la lumière intense qui émanait de lui. Cependant, en tête de file, quelques-uns s'agitaient, n'hésitant pas à proférer des blasphèmes."Dieu peut-il juger? Que sait-il de la souffrance? explosa une jeune femme, en montrant sur son bras le numéro tatoué d'un camp de concentration nazi. Nous avons subi la terreur, les bastonnades, la torture et la mort!"Dans un autre groupe, un jeune Africain présenta sa nuque. "Et que dites-vous de cela? demanda-t-il en désignant les traces d'une corde. On m'a lynché parce que je suis noir. "À quelques pas de là, une étudiante enceinte, les yeux las, s'adressait à son entourage en ces termes: "Pourquoi devrais-je souffrir? Ce ne fut pas de ma faute. "Un peu plus loin, dans la plaine, des centaines de groupes semblables s'étaient constitués. Chacun reprochait à Dieu le mal et la souffrance de ce monde. Comme il avait de la chance, Dieu, de pouvoir vivre en ce lieu où tout n'était que douceur et splendeur, où il n'y avait ni pleurs, ni douleur, ni faim, ni haine! Que savait-il, Dieu, des nombreuses épreuves endurées par l'homme sur la terre? Dieu, disait-on, pouvait mener une vie très confortable. Puis chaque groupe fit avancer son représentant, choisi parmi ceux que la vie avait le plus éprouvés: un juif, un Rwandais, une victime d'Hiroshima, un arthritique horriblement déformé, un petit enfant atteint de lésions cérébrales... Ils se rassemblèrent au milieu de la plaine pour mieux se consulter quant à la conduite à adopter. Ils eurent vite décidé ce que chacun allait dire et semblaient, dans l'ensemble, plutôt satisfaits de leur trouvaille. Dieu devrait endurer lui-même tout ce qu'ils avaient subi afin, pensaient-ils, de pouvoir les juger en connaissance de cause. Il serait condamné à vivre sur terre: qu'il naisse comme un Hébreu et que la légitimité de sa naissance soit mise en doute. Donnez-lui une mission si difficile que sa propre famille en vienne à douter de lui. Que ses amis les plus intimes le trahissent, qu'il soit accusé injustement, jugé par un pseudo-jury et condamné par lâcheté. Qu'il soit torturé et qu'il comprenne ce qu'est la solitude. Et puis, faites-le mourir. Que sa mort soit irréfutable et qu'il y ait des témoins pour la constater. Pendant que chaque repré sentant proclamait une partie de la motion, des murmures d'approbation se levèrent de la foule immense. La dernière déclaration fut suivie d'un long silence. Personne n'osa plus prononcer la moindre parole car, subitement, tous se rendirent compte que Dieu avait déjà enduré toutes ces souffrances. »

« Et le Verbe s'est fait chair... » (Jn 1,14)
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«  Viens, Seigneur Jésus ! »

Posez la question à un enfant : quel est le jour qu’ il préfère entre le 23 et le 26 décembre ? Beaucoup répondront que la veille de Noël est préférable au lendemain. En affinant la question, le moment le plus excitant est lorsqu’on est à la porte, juste avant de découvrir les cadeaux. L’attente, avec tout ce qu’elle comporte de rêves, est plus précieuse que la jouissance de ce que l’on souhaitait.


La période de l’Avent est la plus belle de l’année puisqu’elle est portée par l’espérance, cette espérance dont Péguy disait qu’elle était cette petite fille de rien du tout qui est venue au monde le jour de Noël. Éclairée par Noël, l’espérance est celle d’un monde dans lequel les bergers et les mages, les petits et les savants, apprennent à s’incliner devant une naissance dans laquelle ils reconnaissent une heureuse nouvelle pour notre humanité.
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Histoire vraie (extraite de « Ils revinrent tout joyeux » de Thomas Brenti, éd. Béatitudes 2010)


J'étais le vingt-et-unième sur la liste
Au cours d'un samedi matin de 1979, je reçus la visite de trois guerriers appartenant à l'Armée Révolutionnaire du Peuple du Zimbabwe (ZIPRA). Je me trouvais dans la maison des Pères de la Mission Regina Mundi, à Gwaai. Les soldats étaient armés jusqu'aux dents mais, comme pour tous ceux qui viennent me voir, je les ai accueillis à bras ouverts. Je leur demandai de déposer leurs armes à l'entrée et leur servis un copieux petit-déjeuner. Puis, nous nous assîmes et commençâmes à converser. 



Un des guerriers prit la parole: « Père, je dois vous avouer la vérité. Alors que nous étions venus dans l'intention de vous tuer, nous avons été impressionnés par la joie de votre accueil et par votre hospitalité. C'est clair que vous ne nous haïssez pas. Ne perdez jamais ce trésor que vous avez car il continuera de vous sauver la vie. » Après avoir dit cela, le chef de la bande ouvrit son sac et en tira une liste de vingt-deux noms qu'il me rendit. Ce qui me surprit le plus fut que les vingt premiers noms étaient rayés de la liste et que le mien apparaissait à la vingt-et-unième place. Quand j'en demandai le sens, on m'expliqua que ces vingt noms barrés étaient les traîtres qui avaient déjà été assassinés. J'allais être le prochain car quelqu'un m'avait désigné moi aussi comme traître. J'en demandai la cause. La discussion reprit:

« Est-il vrai que vous vous rendez régulièrement au Camp de Police Sipepa? me demande le chef. Oui, c'est vrai. Et pourquoi? Vous savez bien que ces policiers appartiennent au régime ennemi de la Révolution et du peuple.
J'y vais justement pour demander à la police de rendre les biens volés à la mission. Beaucoup de brigands volent le bétail, les biens des écoles et des religieuses. Ils volent aussi les Pères de la Mission et leurs ouvriers, et ravagent leurs champs et leurs jardins. Cependant, je demande aussi à la police de ne pas arrêter les responsables de ces vols et ils obéissent.

Vous avez bien parlé mon père. Vous ne mourrez pas parce que vous venez de nous prouver ce que certains de vos fidèles, qui étaient prêts à mourir pour vous, nous ont dit. Alors nous allons éliminer la personne qui vous a vendu.
Oh non, je vous en prie, ne la tuez pas! Merci de votre compréhension et merci d'épargner ma vie, mais épargnez aussi la vie de cette personne! Elle a probablement agi sans savoir. »

Après cette entrevue, vous pouvez vous imaginer ma joie d'avoir ainsi échappé à la mort et ma gratitude au Seigneur pour m'avoir sauver de la gueule du lion. Mon coeur s'est élargi pour les âmes, surtout après avoir découvert que certains de mes fidèles avaient été prêts à se sacrifier pour moi, alors que l'accusation était infondée. Un grand merci.

Père C.M.
Zimbabwe, Diocèse de Bulawayo
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Réflexion (extraite de la Revue « Vie Liturgique 2014 »


Dans son exhortation apostolique La Joie de  l'Évangile, le pape François nous invite à veiller et à espérer: « Il est évident que s'est produite dans certaines régions une "désertification" spirituelle, fruit du projet de sociétés qui veulent se construire sans Dieu ou qui détruisent leurs racines chrétiennes... "Dans le désert, on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre; ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou négative. Et, dans le désert, il faut surtout des personnes de foi qui, par l'exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l'espérance. " Dans tous les cas, en pareilles circonstances, nous sommes appelés à être des personnes-amphores pour donner à boire aux autres... Ne nous laissons pas voler l'espérance! » (no 86)
Sommes-nous de ces fidèles dont parle saint Paul, ceux dont toute l'existence proclame que Dieu est fidèle, en qui « est établi fermement » le «témoignage rendu au Christ » ? En ce temps de l'Avent, rappelons-nous qu' «aucun don de grâce ne (nous) manque » pour espérer et veiller, pour reconnaître et accueillir la bienveillance de Dieu.


PROLONGEMENT EUCHARISTIQUE

Tu es, Seigneur, notre Père et notre rédempteur.
Personne n’a vu un autre dieu que toi
agir ainsi envers son peuple.
Pour nous manifester ta bienveillance,
tu nous as envoyé ton Fils Jésus.
Il est venu se faire proche des pauvres,
soigner les blessés de la vie, les rejetés.
Il compte maintenant sur nous
pour être à notre tour
des porteurs d’espérance,
des témoins de la joie de l’Évangile.
En attendant son retour,
fais que nous soyons de fidèles veilleurs
qui attendent à la porte
et qui guettent le moindre signe
révélant sa présence. 
Puisque aucun don spirituel ne nous manque,
puisque nous avons reçu toutes les richesses,
celles de la Parole et de la grâce de Dieu,
fais de nous de ces disciples
en qui est solidement implanté
le témoignage de Jésus.
Durant ce temps de l’Avent,
donne-nous de nous laisser façonner par toi.
Nous sommes l’argile, tu es le potier.
Nous sommes l’ouvrage de tes mains.



Références Bibliographiques:

vieliturgique.ca

http://lapinbleu.over-blog.net/article-annee-b-temps-de-l-avent-1er-dimanche-125069090.html

http://paroissesaintefamilledevalcourt.org/mc_13,33-37__b__1er_dimanche_Avent_30novembre%202014.htm


http://prionseneglise.ca/index.php/360-celebrer-le-dimanche-avec-prions-canvas-53



jeudi 9 octobre 2014

12 octobre 2014: 28e Dimanche Ordinaire A

Dieu amoureux

Dieu, en son Fils Jésus, est amoureux! Il veut épouser... l’humanité! Il veut tisser avec nous une relation d’amour et de tendresse. Il organise une noce. Bonne nouvelle: tous sont invités à être de la fête, sans distinction aucune.


MOT D’ACCUEIL

Aujourd’hui, nous sommes invités à participer à un festin royal, un festin divin. Dieu est amoureux, il nous invite à la table. Que la célébration de l’eucharistie raffermisse en nous la joie d’être aimés du Seigneur qui veut nous combler de ses dons. Dans l’esprit de la fête de l’Action de grâce, nous cœurs s’unissent pour lui dire merci!


Mt 22, 1-14
1 Jésus prit de nouveau la parole pour raconter aux gens une histoire inspirée de la vie. 2 Le domaine de Dieu se compare à un homme qui était un roi et qui organisa un festin de noces pour son fils. 3 Il envoya donc ses serviteurs convoquer les invités pour qu’ils viennent aux noces, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. 4 De nouveau, il envoya d’autres serviteurs avec cette consigne : « Dites aux invités que mon repas est prêt, mes taureaux et mes bêtes grasses ont été égorgés, tout est donc prêt. Venez aux noces! » 5 Mais les invités, tout à fait indifférents, s’en retournèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce. 6 Et les autres se saisirent de ses serviteurs pour les maltraiter et les tuer. 7 Alors le roi se mît en colère et envoya son armée pour faire périr ces meurtriers et incendier leurs villes. 8 Il dit ensuite à ces serviteurs : « La noce est prête, mais les invités n'ont pas su s'ajuster. 9 Allez donc aux carrefours des routes, et invitez aux noces tous ceux que vous trouverez. » 10 Ces serviteurs partirent sur les routes et ramassèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais comme bons. Et la salle de noces fut remplie de convives. 11 Après être entré pour voir les convives, le roi vit là un homme qui n’avait pas revêtu son habit de noce. 12 Il lui dit donc : « Mon ami, comment es-tu entré ici sans habit de noce? ». Lui, ne sut que répondre. 13 Alors le roi dit aux serviteurs : « Expulsez-le dehors mains et pieds liés au milieu de la nuit. C’est là qu’on retrouvera un monde de remord et de colère. 14 En effet, il y a beaucoup de gens appelés, mais peu rencontrent finalement les critères de sélection. »


RÉFLEXION(1) 

Mes occupations... mes excuses... mes engagements...

1. Le samedi et le dimanche, je me retrouve avec toutes sortes d’occupations: travail autour de la maison, au chalet, courses de chevaux, marchés aux puces, magasinages, patinage, hockey, ski (l’hiver), golf, chasse et pêche (le printemps, l’ét é, l’automne), voyages, etc
En somme je suis une personne active, qui ne se demande pas quoi faire: les activités se présentent toujours plus abondantes d’une fin de semaine à l’autre.
Et d’après moi, personne n’a le droit de me reprocher d’être quelqu’un ‘de bien occupé’.

2. Cependant, il y a un ‘mais’...
J’ai été souvent invité à me présenter ‘aux noces du Fils’...
J’ai donné des ‘excuses’ pour ne pas aller ‘au repas du Seigneur’:
- J’ai dit que ceux qui y allaient étaient des hypocrites; qu’ils ne faisaient que regarder les travers de ceux qui étaient en avant d’eux ou de côtés!
- J’ai dit que ça ne changeait rien à ma vie d’y aller ou de ne pas y aller.
- J’ai dit que j’avais trop à faire que d’aller là.
- J’ai dit que c’était mon seul temps de repos tranquille, à la maison ou au chalet.
- J’ai dit qu’il me fallait préparer ma sortie du samedi soir.
- J’ai dit que les responsables ne m’aimaient pas, en me montrant mes manies.
- J’ai dit que j’étais malchanceux en y allant.

3. Et pourtant j’aurais tout à gagner, en m’engageant:
J’aurais une réponse pour expliquer ma venue.
- Une belle fête réussie, c’est celle qui rassemble beaucoup de monde; moi j’y vais pour la réussite...
- Je trouve que le ‘Fils’ mérite bien que je me déplace pour ses noces, pour son repas, signe de ses noces éternelles...
- Je veux faire ma part pour la réussite des noces.
- Je ne veux pas abuser de l’hospitalité, rester dans mon coin, sans participer...
- Je veux être un invité digne de l’invitation, par l’attention à la Parole de Dieu, à son Pain de Vie, par la bonté envers les personnes durant la semaine.
- et surtout je ne veux pas être un ‘pique-assiette’ pour m’empiffrer au moindre coût.
Occupé, je le suis; invité, je le suis; des excuses, je peux en avoir; des engagements pour le Seigneur, ça dépend de moi!
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RÉFLEXION (2)

S’ajuster à la vie jusqu’à la mort

Quand un homme et une femme décident de vivre ensemble, ils savent qu’ils devront s’ajuster l’un à l’autre. Cet ajustement ne se fera pas automatiquement, mais exigera toute l’énergie de leur bonne volonté. Ils auront à s’ouvrir à une personnalité différente, à une histoire familiale et personnelle différente. Mais ils le feront volontiers, parce qu’ils sont propulsés par la force de l’amour et le bonheur du vivre ensemble. Quand le premier enfant entrera dans la famille, ils devront encore s’ajuster : ils ne seront plus deux, mais trois, avec toutes les exigences et les contraintes de la troisième personne. Mais encore une fois, ils le feront volontiers, mus par la joie et le bonheur d’avoir cet enfant. Avez-vous remarqué ceci? À chaque fois qu’on s’ouvre à la vie sous quelque forme que ce soit, il faut toujours s’ajuster, sous peine de passer à côté de ce qui est offert.

C’est dans ce contexte qu’il faut relire l’évangile de Matthieu de ce jour. Jésus compare le domaine de Dieu à des noces organisées par un roi, mais tout le monde décline son invitation parce que les invités sont plus intéressés à vaquer à leur routine quotidienne qu’à s’ouvrir à quelque chose de merveilleux offert à l’instant même. Finalement, seuls les gens disponibles parce qu’ils n’ont pas de terre ou de commerce accepteront l’invitation. Cette histoire est suivie par une deuxième partie où un des invités sera mis à la porte parce qu’il n’a pas su s’ajuster totalement à la situation : il s’est ouvert à l’invitation, mais il n’est pas allé jusqu’au bout en ajustant ses vêtements.

Où veut-on en venir avec ce banquet de noces? À l’époque où Matthieu écrit son évangile, il cherche à comprendre pourquoi l’élite religieuse juive a refusé de s’ouvrir à l’enseignement de Jésus, un enseignement qui parlait de l’amour incommensurable et inconditionné d’un Dieu pour son peuple, un amour qui crée la même atmosphère qu’un festin de noces. Sa réponse? Cette élite était trop bien établie dans la structure sociale de l’époque, étaient trop obnubilés par leurs intérêts immédiats pour s’ouvrir à autre chose. Voilà la triste constatation sur son peuple que fait Matthieu. Mais à la fin du récit, qui est cet homme qui festoie sans habit de noce? C’est le chrétien, celui qui, contrairement à l’élite religieuse, a accepté l’enseignement de Jésus, mais qui ne vit plus en conformité avec sa robe de baptême, dont la vie ne porte plus les fruits de l’amour. L’évangile se termine comme par un cri de douleur : il y a tellement de gens appelés, pourquoi y a-t-il si peu qui vont jusqu’au bout de l’invitation?

Cette histoire de banquet de noces nous renvoie à une dimension mystérieuse de la vie. Comment est-il possible de refuser une bonne nouvelle, un amour fou, une grande fête, une réalité merveilleuse quelle qu’elle soit? Ou encore, comment un amour originel flamboyant peut-il un jour s’éteindre? Qu’est-ce qui nous permettrait de rester ouvert chaque jour à la musique de la vie et la fête de l’amour? C’est cela notre drame : ce n’est pas que nous avons eu hier un cœur ouvert, qu’il sera ouvert aujourd’hui, car depuis hier la vie a changé, et l’adaptation doit se poursuivre. Permettez-moi d’évoquerla figure de Mugabe, élu président en 1980 de la jeune république du Zimbabwe avec des rêves de justice sociale et raciale. Comment a-t-il pu devenir ce vieillard qui s’accroche violemment au pouvoir, au lieu d’embrasser un monde de justice et de paix pour noirs et blancs où tous pourraient danser dans la rue? Sur le plan collectif, notre monde a également changé, avec le stress sur l’environnement provoqué par notre industrie et le débat sur le pétrole. Comment allons-nous nous ajuster?

Le défi que nous avons à relever, c’est de rester ouvert à la vie dans toute sa profondeur, dans ses dimensions multiples et changeantes, et cela demande un ajustement de chaque jour. C’est là que se fait entendre Dieu, c’est là que se trouve le banquet de noces. C’est ce qu’a vécu, à mon avis, Louise Dallaire, qui a écrit ce beau petit livre : « Les touristes ne vont pas à Abalak. » Mère de famille et enseignante à la retraite, elle accepte une invitation à une fête des peuples nomades du Sahara, au Niger. Malgré la faim, la soif, l’inconfort et la perte de tous ses points de repère culturels, elle s’ouvre à la grandeur et à la beauté de chaque être humain. Elle s’est laissé guider par une foi incommensurable en la vie, elle a trouvé la fête.

Nous voulons marcher dans les pas de Jésus. À chaque jour, il s’est ouvert à tous les appels de la vie, il s’est ajusté constamment à ce qu’il voyait et entendait, et cela jusqu’à sa mort. Est-ce également notre désir et notre prière?


 Sources:

http://vieliturgique.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=80

http://prionseneglise.ca/index.php/313-celebrer-le-dimanche-avec-prions-canvas-46

http://paroissesaintefamilledevalcourt.org/mt_22,1-14__a_28e_dimanche_ordinaire_12octobre2014.htm

http://mystereetvie.com/Mt220114.html


Autres liens intéressants

http://www.vazy-jetecrois.com/spip.php?article746

http://kerit.be/homelie.php

http://www.cursillos.ca/formation/reflexion-chretienne.htm



vendredi 3 octobre 2014

Le 5 octobre 2014: 27e Dimanche Ordinaire (A)


MOT D’ACCUEIL

  • La mort injuste de Jésus semblait mettre fin à son message, mais il n’en fut rien. Ce drame a bien plutôt marqué une étape vers le relèvement des morts par Dieu notre Père. À nous de prolonger aujourd’hui dans cette merveille.




Mt 21, 33-43
 33 «Écoutez cette autre histoire inspirée de la vie. Il y avait un propriétaire d'un grand domaine qui planta une vigne, posa tout autour une clôture, y creusa un pressoir et y construisit une tour, puis la donna en location à des cultivateurs avant de partir en voyage. 34 Quand approcha le temps de la récolte, il envoya ses serviteurs chez les cultivateurs prendre le produit de sa récolte. 35 Mais ceux-ci, après s'être saisis des serviteurs, maltraitèrent l'un, tuèrent l'autre, et firent mourir par lapidation un autre encore. 36 Le propriétaire envoya de nouveau d'autres serviteurs encore plus nombreux que les premiers, mais ils leur firent subir exactement le même sort. 37 Finalement, il leur envoya son propre fils en se disant: «Ils auront au moins du respect pour mon fils.» 38 Mais en apercevant ce fils, les cultivateurs se dirent en eux-même: «Voici l'héritier. Venez! Tuons-le et prenons possession de l'héritage.» 39 Alors ils se saisirent de lui, le firent sortir hors de la vigne et l'assassinèrent. 40 Alors quand le propriétaire sera revenu à sa vigne, que fera-t-il à ces cultivateurs?» 41 On lui répondit: «Il fera périr misérablement ces méchants, et confiera la vigne en location à d'autres cultivateurs, qui eux lui remettront la récolte au moment prévu.» 42 Jésus leur dit: «N'avez-vous jamais lu dans la Bible ce passage:

La pierre qu'avaient rejetée les constructeurs
est devenue par la suite la pierre angulaire.
C'est arrivé à cause du Seigneur,
et ce que nous voyons est merveilleux.

43 C'est pourquoi je vous dis: «Le domaine de Dieu vous sera enlevé, pour être confié à un peuple qui saura le faire fructifier.»


Réflexion

Cette terre qui m'est donnée à cultiver

Comprendre la parabole des vignerons révoltés n'est pas très difficile. Un homme a fait un investissement dans une ferme, et vit la désagréable surprise de non seulement se voir refuser son dû, mais également de subir une attaque personnelle dans la tentative de s'emparer de son bien et de l'assassinat de son fils, présumé héritier. Question: comment réagira ce propriétaire? Il est facile de répondre : ce propriétaire se débarrassera au plus vite de ces travailleurs pour les remplacer par d'autres.

Il est également facile de transposer cette situation dans le contexte de notre vie de tous les jours. Comment réagiriez-vous si vous aviez confié vos économies à un courtier pour qu'il l'investisse dans un REÉR, et que vous vous retrouviez un jour avec presque rien, à cause de placements imprudents et mal avisés? Vous vous débarrasseriez au plus vite de ce courtier et le traîneriez probablement en cour.

Ce qui est moins évident, c'est de préciser où veut-on en venir avec cette parabole. De son côté, l'évangéliste Matthieu entend clairement associer les vignerons révoltés à cette partie du peuple juif qui s'est fermé à la foi chrétienne, et expliquer ainsi son remplacement par la communauté des chrétiens dans le plan de Dieu. Jésus lui-même a probablement utilisé cette parabole pour exhorter les responsables religieux à une prise de conscience: vous avez dévié de votre mission, vous avez confisqué pour votre profit ce que Dieu vous a confié, et si cela ne change pas, vous aurez à faire face au rejet même de Dieu.

Mais de notre côté, à quoi cette parabole renvoie-t-elle exactement? Je pense qu'elle renvoit à notre situation profonde d'être humain: nous sommes des êtres qui n'existons que parce que nous avons tout reçu, i.e. la vie et l'apprentissage à la vie, et sommes appelés en retour à donner la vie et à apprendre aux autres à vivre. Il y a donc deux dimensions: nous ne sommes pas propriétaires de la vie, et nous sommes appelés à faire fructifier cette vie pour que d'autres naissent à la vie. Ce sont ces deux dimensions qui se retrouvent dans la parabole.

Mais alors, où est le problème? Le problème, ce sont de multiples choses comme ce qui suit. Récemment, nous mangions avec une amie qui est au début de la cinquantaine. Puis, au milieu du repas, elle dit: "Je me rends compte avec le temps que nos parents ne nous ont jamais vraiment aimés, ils se sont plutôt servis de nous". Et voilà qu'au terme d'une vie, au moment où ils devraient récolter le fruit de leur oeuvre d'amour, des parents font face à des relations cahoteuses et à demi brisées. Peut-on renvoyer des parents comme on renvoie un courtier? Et je me sens moi-même interpellé: est-ce que, moi aussi, au travail ou à la maison, je me sers de ceux dont je suis responsable pour réaliser mes propres ambitions, satisfaire mes propres besoins?

Qu'est-ce qui passe donc chez un être humain pour dévier ainsi de sa route? Une illusion. Une formidable illusion. Et la peur. L'illusion est racontée dans ce fameux récit de Ève au Jardin d'Eden: "...'Vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.' La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir..."

L'illusion est de penser qu'en échappant à sa condition de créature, en fuyant ce monde limité et fragile, en ne dépendant de personne pour sa subsistance et la reconnaissance de sa valeur, bref en devenant ce qu'on s'imagine être Dieu, nous allons connaître le nirvana. C'est ainsi que des parents regardent leurs enfants, non pas tels qu'ils sont, mais tels qu'ils les voient dans la projection de leurs désirs et de leurs fantasmes. C'est ainsi qu'on est incapable de sentir la beauté, la grandeur, la joie de chaque moment passé avec quelqu'un qu'on essaie de comprendre, d'éduquer, de reprendre, de guider. On s'imagine le bonheur à la manière d'un bassin qui recueille et retient toutes les eaux d'alentour, plutôt qu'un fleuve qui rejette à la mer l'eau qu'il a reçu.

Et il y la peur, cette fameuse peur qui me fait engranger par peur du lendemin. Qui sait si mes enfants me paieront de retour et s'occuperont de moi dans ma vieillesse. La peur est l'envers de la foi. Autant la foi construit des relations multiples, autant la peur les brise. Ne nous étonnons pas d'entendre Jésus répéter: "Pourquoi avez-vous peurs, gens de peu de foi?"

Personnellement, tout comme vous, j'ai à mener un combat pour découvrir sans cesse la grandeur de cette terre qui m'est donnée à cultiver, de rejeter comme illusions ces ailleurs où j'échapperais à ce qui constitue mon lot avec ses contraintes et ses limites. Je dois vaincre cette peur constante de compter sur les autres pour mon lendemain. Ce combat en vaut la peine, car le bonheur est là, et pas ailleurs. Par là je deviens un être qui donne son fruit au temps propice, qui donne autant sinon plus que ce qu'il a reçu. Mais il y a plus. Ne découvrirais-je pas ainsi un peu plus cet Être mystérieux qui, loin d'être autosuffisant, a voulu cette relation à un monde fragile et limité?


AGISSONS!

Avec septembre, l'année est repartie. Vais-je reprendre à mon compte une part de la catéchèse sortie de nos écoles? Si je m'intégrais à un organisme de la paroisse? Si je m'offrais pour un service liturgique? Si je prenais à mon compte la visite à une personne seule? Et plus, si j'invitais un ami à agir avec moi? Si je révisais l'éducation religieuse que je donne à mes enfants ? Est-ce que je les invite à rendre service? Est-ce que je les mets en relation avec Dieu par la prière? Est-ce que je cultive ma vigne?


Source:

http://mystereetvie.com/Mt213343.html

D'autres sources:

http://paroissesaintefamilledevalcourt.org/mt_21,33-43__a_27e_dimanche_ordinaire_5octobre2014.htm

http://kerit.be/homelie.php

http://www.cursillos.ca/formation/reflexion-chretienne.htm



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